L’été où je suis devenue jolie : plus qu’un teen drama ? Mon avis de mère millenial.
Retour sur le carton estival qui a emballé les réseaux sociaux – saluons au passage le travail des community managers – et les générations !
Quand la génération Z nous vole la vedette
Alors que ma fille est en pleine adolescence, j’ai décidé de regarder « L’été où je suis devenue jolie », l’adaptation des livres de Jenny Han. Pourquoi ? Je ne le sais pas encore. À bientôt 40 ans, je devrais peut-être m’en désoler, mais peut-être que cela signifie simplement que j’ai encore cette part de moi juvénile, pleine de doutes et d’interrogations.
Quand les saisons 1 et 2 sont sorties, je n’avais vraiment aucune envie de regarder ce teen drama. De toute façon, rien ne pourrait remplacer Dawson, Hartley, Cœurs à Vif, The O.C. et même Gossip Girl. Je prenais de haut cette nouvelle série boostée par les chansons de Taylor Swift. Que je prenais, elle aussi, de haut. En fait, je croyais encore que mes années de jeunesse étaient les meilleures et que j’étais toujours jeune. Et que non, la génération Z n’allait pas nous remplacer, nous les Millennials. Ces jeunes étaient encore trop jeunes pour aimer, souffrir… et nous faire rêver. Nous, les Millennials, avions encore plein de choses à vivre et à accomplir. Nous ne pouvions pas déjà être nostalgiques.
Le coup de poing de la réalité (et de la nostalgie)
Et puis le temps a passé… Je crois que deux ans se sont écoulés entre la saison 2 et la saison 3. Deux ans, c’est si peu. Pourtant, en deux ans, la génération Y a connu des désillusions, le monde est parti en vrille — bien que nous l’ayons toujours connu ainsi, soyons honnêtes — et nous avons dû affronter nos peurs. Moi, la première. Le temps qui passe, le travail qui évolue avec les nouveaux arrivants sur le marché, les enfants qui grandissent et sont là pour nous rappeler que nous sommes devenus « leurs vieux », les parents qui prennent de l’âge et que l’on ne souhaite pas froisser parce que nous savons qu’il ne faut plus perdre de temps avec des futilités, nos préoccupations que nous devons balayer d’un revers de main car, merde, c’est à notre tour d’être pris en étau entre deux générations.
C’est ainsi que l’année de mes 40 ans est arrivée sans crier gare. En me retournant sur mon passé, la nostalgie m’a mis un coup de poing dans le ventre. Elle m’a fait vaciller, en même temps que certains dérèglements hormonaux qui n’ont plus rien à voir avec la puberté, mais bel et bien avec la périménopause. Et tout d’un coup, on fait les comptes avec le passé, sans même s’en être rendu compte.
Deux générations, un canapé et un été à Cousins Beach
C’est alors que l’on trouve refuge dans des choses qui nous rappellent ces années où tout le monde disait que nous étions insouciants et que le monde nous appartenait. Quand tout semblait, ou pouvait être, simple. Et 2025, c’est l’été où je suis redevenue celle qui regardait un teen drama. Je crois que l’annonce des retrouvailles du casting de Dawson a été un déclencheur, tout comme la prise de conscience des épreuves traversées par les acteurs qui ont tant accompagné nos adolescences. Un rappel que nos propres vies, elles aussi, s’effilochaient et comportaient leur lot de difficultés. Je n’avais pas envie de regarder Dawson à nouveau en connaissant cette réalité. Je préférais m’évader, et j’étais aussi curieuse de voir comment les nouvelles générations affrontaient le plus grand thème universel : l’amour. Et la douleur.
J’ai donc succombé à L’été où je suis devenue jolie, et ma fille aussi. Deux générations, deux teams. En tant que Scorpion, dès le premier épisode, j’étais Team Conrad, ce qui a bien sûr entraîné des échanges passionnés. Ma fille avait grandi et, à travers elle, je me rendais compte de tout le chemin que j’avais parcouru.

Au-delà des histoires d’amour, je me suis reconnue dans les mères, dans les non-dits par peur de blesser et de dresser des barrières. Bien sûr que Belly m’a insupportée, mais je me suis souvenue que moi aussi, j’ai été perdue, que j’ai mis longtemps à me trouver, et que c’est à l’étranger que j’ai trouvé ma voie. Tout comme je me suis retrouvée dans la bande-son, qui contente tous les fans de Tay-Tay et intègre aussi des chansons qui « appartiennent » à ma génération. Ai-je eu la chair de poule en entendant Dreams des Cranberries ou With or Without you de U2 ? Évidemment ! Et je confesse, j’ai adoré la chanson Dress de Taylor Swift.
Au-delà du triangle amoureux : larmes, leçons et espoir
L’été où je suis devenue jolie a donc été un formidable témoin de ce temps qui passe, de deux générations qui ne se comprennent pas toujours, mais qui croient encore en leurs rêves. Je ne veux plus être celle qui pense que sa génération est la meilleure, que l’on a tracé la route pour la génération suivante. Je suis encore trop jeune pour que l’on m’appelle une Boomer !

J’ai aussi versé toutes les larmes de mon corps ; il est plus facile de pleurer pour de la fiction que pour la réalité. Le cancer de Susannah. Le deuil des frères, en particulier le cheminement de Conrad qui m’a rappelé le mien. Les nombreuses impasses et le happy end qui a fait chavirer mon cœur d’éternelle romantique, quitte à me faire oublier tous les clichés sur Paris et les Français présents dans la série.
Enfin, L’été où je suis devenue jolie a représenté un espoir pour la maman que je suis. Dans ce monde qui se fracasse, je souhaite que mes filles aiment, rient, pleurent et connaissent l’amour et des amours, aussi difficiles qu’elles soient.
« Anger, sadness, joy. He makes me feel all of it. No one else has that effect on me. No one. »
Saison 3 – Épisode 8
À tous nos étés où nous sommes devenus jolis. Au fait, Team Conrad ou Team Jeremiah ?
Mes sources :
- À propos de la transgénération – Article publié dans Le Monde : Quand la Gen Z se moque des milléniaux, qui se moquent des boomeurs, ou le clash des générations en cascade
- Pourquoi les femmes « Millenial » adorent la série L’été où je suis devenue jolie – Article en anglais publié dans The Guardian
- Les dessous d’un succès et explications de la série estivale 2025 : article publié dans Marie Claire et un autre article publié dans Madame Figaro
- Pour en savoir plus sur le phénomène de Taylor Swift, le podcast « Taylor Swift, le monde, ma fille et moi » diffusé sur France Inter.


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