Outre la famille et les amis, qu’est-ce qui me manque de la France ?
Chaque fois que je suis sur le chemin du retour, je m’interroge sur les choses qui me manquent, mais surtout j’imagine ce que serait ma vie si, après mon Erasmus, j’avais décidé de revenir dans mon pays d’origine.
Le retour de l’émigré, un éternel questionnement
Cela fera bientôt vingt ans que j’ai quitté la France. Et autant d’années que je me demande sur ce qui me manque vraiment. Il y a bien sûr ma famille à laquelle je suis très attachée et les amis, ceux qui sont restés. Et le reste ? Est-ce que je peux vraiment ressentir le manque d’un plateau de fromages ou d’une baguette dans mon quotidien après tout ce temps ? Quand je rentre en France, il va de soi que je suis heureuse de manger à la française. Ma maman me cuisine notamment tout un tas de plats que je ne peux pas préparer à l’étranger. Puis, j’adore aller au marché et à la boulangerie. Je suis aussi fière de montrer la belle architecture française à mes filles et à mon mari, et le charme des petits villages. Une parenthèse dorée en vacances où tout est plus simple.



Est-ce que j’ai toutefois envie de retourner vivre en France, dans un pays que je n’ai jamais connu en tant qu’adulte au bout du compte ?
Je sais que beaucoup de Français qui vivent à l’étranger pensent à rentrer quand ils auront terminé leur carrière ou quand leurs enfants seront grands, que certains ayant eu une carrière pro en France vantent les avantages qu’il y a en France et rêvent de les retrouver. Moi, je suis partie sans connaître tout cela. J’ai fini mes études à l’étranger, je suis mariée à un étranger, j’ai accouché dans deux pays différents, j’ai cotisé et cotise dans des pays autres que la France, j’ai ouvert mon statut d’autoentrepreneuse à l’étranger, j’ai acheté un appart à l’étranger. En fait, j’ai tout effectué à l’étranger, et si je devais revenir vivre en France, je serais complètement perdue. Et je crois que cela me fait peur : être une étrangère dans mon propre pays natal.
Douce France, cher pays de mon enfance…
Pour autant, cela ne veut pas dire que je rejette la France, loin de là. J’aime mon pays d’origine, j’aime être Française et je me sens Française. J’ai des frissons quand j’entends La Marseillaise, et la devise Liberté – Égalité – Fraternité, bien que chimérique, est de toute beauté. D’ailleurs, si je devais résumer ma relation avec la France, je pourrai citer la chanson de Michel Polnareff, Lettre à France :
Tu n'es pas toujours la plus belle
Et je te reste infidèle
Mais qui peut dire l'avenir de nos souvenirs
Oui, j'ai le mal de toi parfois
Même si je ne le dis pas
L'amour c'est fait de ça

Enfin, il fut un temps où nous avons envisagé de nous installer en France pour nous rapprocher de la famille. Je ne suis donc pas fermée à un éventuel retour, c’est juste que ce n’est pas le moment et que ce ne sera peut-être jamais le moment.
En attendant, je continuerai à m’interroger, lorsque les Pyrénées se dessineront au loin, sur les choses qui me manquent et si un jour, je trouve la réponse, je vous le dirai.


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